
À propos de cette image
Cette image remarquable révèle l'ancienne comète 332P/Ikeya-Murakami dans le processus dramatique de désintégration à mesure qu'elle s'approche du Soleil, offrant l'une des vues les plus nettes jamais capturées d'une comète glacée se brisant. Les comètes sont des objets fragiles composés de glace, de poussière et de matériaux rocheux issus de la formation du système solaire il y a plus de 4,5 milliards d'années. Lorsqu'ils s'aventurent près du Soleil, le chauffage solaire provoque la vaporisation de leurs glaces et les contraintes internes peuvent les déchirer, surtout si elles ont été fragilisées par des passages précédents ou des défauts structurels. La désintégration de 332P offre aux astronomes une rare opportunité d’étudier la structure interne et la composition de ces corps gelés primordiaux. Les fragments visibles sur cette image continueront à se séparer le long de l'orbite de la comète, se dispersant progressivement dans l'espace et créant potentiellement des pluies de météores si l'orbite terrestre croise leur flux de débris à l'avenir.
Importance scientifique
Cette deuxième perspective sur la désintégration de la comète 332P complète l'observation principale en capturant l'évolution du champ de fragments à une époque différente, permettant aux astronomes de mesurer l'expansion du nuage de débris au fil du temps. En comparant plusieurs observations, les chercheurs ont déterminé qu'environ 25 fragments avaient été produits lors de la rupture, les plus gros morceaux mesurant jusqu'à 200 pieds de diamètre. Les données chronologiques ont révélé que la matière était éjectée préférentiellement de l'hémisphère de la comète orienté vers le soleil, ce qui est cohérent avec une fracturation sous contrainte thermique provoquée par le chauffage solaire. Ces observations ont contribué à une compréhension plus large de la façon dont les comètes à courte période perdent de la masse et finissent par disparaître, soit en se désintégrant complètement, soit en formant des corps dormants ressemblant à des astéroïdes. L’étude de 332P a également éclairé les modèles sur la façon dont les flux de débris cométaires se forment et évoluent, ce qui est essentiel pour prédire l’activité des pluies de météores et comprendre la population de petits corps dans le système solaire interne.
Détails d'observation
Cette observation de suivi a été réalisée avec la caméra à grand champ 3 (WFC3) de Hubble à un point différent de l'orbite de la comète par rapport à l'image du 26 janvier, capturant le champ de fragments après un temps de dispersion supplémentaire. Le télescope a suivi le mouvement non sidéral de la comète pour garder les fragments nets tandis que les étoiles d'arrière-plan traînaient. Plusieurs expositions ont été combinées pour augmenter le rapport signal/bruit et révéler les fragments les plus faibles. Les mesures photométriques de fragments individuels ont permis aux astronomes d'estimer leurs tailles et leur albédos, tandis que l'analyse astrométrique de leurs positions par rapport au noyau principal a fourni des mesures de vitesse qui ont contraint le mécanisme d'éjection.
Position dans l'univers
Constellation
N/A (Système solaire)
Distance depuis la Terre
150 millions de miles (au moment de l'observation)
Faits intéressants
- 1
Cette vue alternative de la comète 332P capture une phase différente de sa désintégration, montrant comment le champ de fragments a évolué au fil du temps alors que les morceaux se séparaient le long de la trajectoire orbitale de la comète à seulement quelques kilomètres par heure.
- 2
Les comètes comme 332P proviennent de la ceinture de Kuiper, une vaste région de corps glacés au-delà de Neptune, et sont poussées dans le système solaire interne par les interactions gravitationnelles avec les planètes géantes sur des millions d'années.
- 3
La quantité totale de matière rejetée par la comète 332P lors de sa fragmentation observée remplirait environ 15 piscines olympiques – une infime fraction de la masse originale de la comète mais suffisamment pour créer une traînée de débris spectaculaire.
Crédit image : NASA, ESA, télescope spatial Hubble



