Nébuleuse de la Tête de Singe (Nébuleuse en émission) capturé par le télescope spatial Hubble pour le Février 9
Février 9Nébuleuse en émissionNébuleuses

Nébuleuse de la Tête de Singe

Observé en 2014

À propos de cette image

Cette vue alternative de la nébuleuse de la Tête de Singe (NGC 2174) capture une région différente de ce spectaculaire complexe de formation d'étoiles, révélant l'interaction délicate entre le rayonnement et la matière qui définit le paysage en constante évolution de la nébuleuse. Dans cette partie de la nébuleuse, des colonnes et des filaments de gaz moléculaire dense sont illuminés et sculptés par la production énergétique des étoiles proches de type OB – les étoiles les plus massives et les plus éphémères de l’univers. Les limites entre les piliers de poussière sombre et le gaz ionisé brillant sont particulièrement nettes, marquant le front d'ionisation où le rayonnement stellaire rencontre un matériau moléculaire dense. De petits nœuds compacts de gaz particulièrement dense dépassent des surfaces des piliers comme des doigts pénétrant dans le vide lumineux, chacun étant un site potentiel pour la formation future d'étoiles. Ces structures, connues sous le nom de globules gazeux en évaporation, représentent certaines des caractéristiques les plus petites et les plus transitoires du processus de formation des étoiles, ne durant que des dizaines de milliers d'années avant d'être dissoutes par le rayonnement incessant.

Importance scientifique

Cette vue détaillée du front d'ionisation de la nébuleuse de la Tête de Singe fournit des données importantes sur la microphysique des régions de photodissociation (PDR) — les zones de transition où le rayonnement ultraviolet stellaire convertit le gaz moléculaire en gaz atomique puis ionisé. Ces PDR sont essentiels à la compréhension du bilan énergétique et de la chimie du milieu interstellaire dans toute la galaxie. Les structures nettes et bien résolues visibles sur les images de Hubble permettent de mesurer directement les contrastes de densité et de pression sur le front d'ionisation, testant ainsi les prédictions théoriques sur le fonctionnement de l'implosion provoquée par les rayonnements à petite échelle. La présence de plusieurs globules en évaporation à différents stades d'évolution au sein d'une seule image fournit un échantillon statistique pour étudier comment ces structures se forment, évoluent et finissent par produire ou échouer à produire de nouvelles étoiles. Ces observations éclairent directement les modèles de rétroaction sur la formation d’étoiles utilisés dans les simulations de l’évolution des galaxies.

Détails d'observation

Hubble a obtenu cette image à l'aide de la Wide Field Camera 3 (WFC3) dans les canaux visible et infrarouge. Les observations en lumière visible, utilisant des filtres hydrogène-alpha et soufre II à bande étroite, révèlent l'émission de gaz ionisés et les fronts d'ionisation nets aux limites des piliers. Les observations infrarouges complètent cela en montrant l'émission de poussière chaude et en pénétrant à travers le matériau obscurcissant pour cataloguer la population stellaire intégrée. En combinant les données des deux régimes de longueurs d’onde, les astronomes ont dressé un tableau complet des conditions physiques des deux côtés du front d’ionisation.

Position dans l'univers

Constellation

Orion

Distance depuis la Terre

6 400 années-lumière

Faits intéressants

  • 1

    Les globules gazeux en évaporation (EGG) visibles à l'extrémité des piliers sur cette image sont généralement environ 100 fois la taille de notre système solaire, mais ils ne contiennent qu'une fraction de la masse du Soleil.

  • 2

    Les jeunes étoiles chaudes chargées de sculpter ces structures ont des températures de surface supérieures à 30 000°C et des luminosités des centaines de milliers de fois supérieures à celles du Soleil.

  • 3

    Si vous pouviez observer la nébuleuse de la Tête de Singe en accéléré sur des millions d'années, vous verriez les piliers reculer lentement comme des sculptures de glace fondante, avec de nouvelles étoiles émergeant de leurs pointes à mesure qu'elles rétrécissent.

Crédit image : NASA, ESA, télescope spatial Hubble