
À propos de cette image
Cette image infrarouge du centre de notre galaxie, la Voie lactée, révèle une population d'étoiles massives et des structures complexes dans le gaz ionisé chaud qui tourbillonne autour du noyau galactique. En lumière visible, le Centre Galactique est complètement caché derrière de denses rideaux de poussière interstellaire qui absorbent pratiquement tout le rayonnement optique, mais les longueurs d'onde infrarouges pénètrent dans cette matière obscurcissante, dévoilant l'environnement extraordinaire au cœur de notre galaxie. La région regorge d’étoiles massives et lumineuses – certaines parmi les plus massives connues dans la Voie lactée – qui orbitent dangereusement près de Sagittarius A*, le trou noir supermassif d’une masse de quatre millions de soleils qui ancre notre galaxie. Des amas denses de jeunes étoiles, des structures filamenteuses de gaz chauds et des formations de poussières complexes se bousculent pour gagner de l'espace dans cette métropole cosmique surpeuplée, créant l'un des environnements les plus extrêmes de notre voisinage galactique.
Importance scientifique
Le Centre Galactique est le noyau galactique le plus proche de la Terre et fournit ainsi la vue la plus détaillée disponible des processus physiques qui se produisent à proximité d'un trou noir supermassif. Les observations infrarouges de Hubble ont joué un rôle déterminant dans l'identification et la caractérisation de la population d'étoiles massives et chaudes qui gravitent dans le parsec central, y compris les amas Arches et Quintuplets, parmi les amas d'étoiles les plus denses et les plus massifs connus dans la Voie Lactée. La présence paradoxale d’étoiles jeunes et massives si proches du trou noir supermassif remet en question la théorie de la formation des étoiles, car les forces de marée extrêmes devraient empêcher les nuages de gaz de s’effondrer en étoiles dans cette région. Plusieurs théories ont été proposées pour expliquer ce « paradoxe de la jeunesse », notamment la formation d'un disque d'accrétion dense autour du trou noir et la migration vers l'intérieur à partir de plus grandes distances. Les observations multi-époques de Hubble ont également contribué à mesurer les mouvements propres des étoiles proches du Centre Galactique, s'ajoutant aux données orbitales qui ont finalement valu à Reinhard Genzel et Andrea Ghez le prix Nobel de physique 2020 pour avoir démontré l'existence du trou noir supermassif central.
Détails d'observation
Cette image a été capturée à l'aide de la caméra proche infrarouge et du spectromètre multi-objets (NICMOS) de Hubble à des longueurs d'onde comprises entre 1,1 et 1,9 micromètres. Les observations infrarouges sont essentielles pour étudier le Centre Galactique, car la poussière interstellaire située le long de la ligne de visée de 26 000 années-lumière absorbe pratiquement toute la lumière visible de cette région. Aux longueurs d'onde du proche infrarouge, la poussière devient partiellement transparente, permettant la détection des populations stellaires lumineuses et des structures de gaz ionisées à proximité du trou noir. Les observations du NICMOS ont fourni la résolution spatiale nécessaire pour distinguer les étoiles individuelles dans l'environnement extrêmement peuplé du Centre Galactique et pour cartographier la morphologie complexe des filaments de gaz chauds et des caractéristiques de poussière. L’imagerie Paschen-alpha à bande étroite ciblait spécifiquement l’émission d’hydrogène gazeux ionisé, révélant les emplacements des interactions du vent stellaire et les modèles d’irradiation produits par les étoiles les plus lumineuses.
Position dans l'univers
Constellation
Sagittaire
Distance depuis la Terre
26 000 années-lumière
Faits intéressants
- 1
Le trou noir supermassif Sagittarius A* situé en son centre a une masse d'environ 4 millions de soleils mais occupe une région plus petite que l'orbite de Mercure - son influence gravitationnelle domine les mouvements des étoiles dans les quelques années-lumière centrales de la galaxie.
- 2
Les étoiles proches du centre galactique orbitent autour de Sagittaire A* à des vitesses incroyables — l'étoile connue la plus proche, S2, termine une orbite complète en seulement 16 ans à des vitesses supérieures à 5 000 milles par seconde, fournissant l'une des confirmations les plus directes que l'objet central est bien un trou noir.
- 3
Si nous pouvions voir le Centre Galactique en lumière visible, ce serait l'une des régions les plus lumineuses et les plus spectaculaires du ciel nocturne – mais environ 25 magnitudes d'extinction de poussière (un facteur de 10 milliards) entre nous et le centre le rendent invisible à l'œil nu.
Crédit image : NASA, ESA, télescope spatial Hubble



