
À propos de cette image
Le Sextet de Seyfert présente l'une des illusions d'optique les plus intrigantes du ciel extragalactique. À première vue, cela semble être un groupe de six galaxies entassées dans une région incroyablement petite de l’espace, ce qui en fait l’une des concentrations de galaxies les plus denses visibles depuis la Terre. Cependant, un examen plus approfondi révèle que le regroupement n’est pas tout à fait ce qu’il semble être. Seuls quatre des six objets sont en réalité des galaxies situées à la même distance, à environ 190 millions d'années-lumière, dans la constellation du Serpens. La petite galaxie spirale de face avec des bras bleus proéminents se trouve loin à l'arrière-plan, et un panache diffus d'étoiles en bas à droite n'est pas du tout une galaxie distincte mais plutôt une queue de marée de matière arrachée à l'un des membres en interaction. Les quatre véritables membres sont enfermés dans une danse gravitationnelle complexe qui aboutira finalement à leur fusion en une seule grande galaxie elliptique.
Importance scientifique
Le Sextet de Seyfert fait partie des groupes de galaxies les plus compacts de l'univers proche et sert de laboratoire de premier ordre pour l'étude de la physique des interactions galactiques dans des environnements extrêmement confinés. Les quatre galaxies membres sont séparées par des distances comparables à la taille des galaxies individuelles elles-mêmes, ce qui entraîne des interactions gravitationnelles intenses et continues qui enlèvent visiblement les étoiles et le gaz des galaxies membres. Les caractéristiques proéminentes des débris de marée révèlent la redistribution continue des matériaux au sein du groupe. On pense que des groupes compacts comme celui-ci représentent une étape de transition critique dans l’assemblage hiérarchique des galaxies : leurs membres fusionneront au cours des prochaines centaines de millions d’années pour former une seule galaxie elliptique massive entourée d’un halo diffus de matière dépouillé par les marées. L'étude de ces groupes aide les astronomes à comprendre les échelles de temps et les mécanismes physiques de la fusion des galaxies, le déclenchement et l'extinction de la formation d'étoiles lors des interactions, et comment le milieu intragroupe est enrichi en éléments lourds expulsés des galaxies perturbées.
Détails d'observation
Hubble a capturé cette image à l'aide de la caméra grand champ et planétaire 2 (WFPC2) dans plusieurs filtres de lumière visible. La haute résolution angulaire était essentielle pour démêler la lumière superposée des galaxies si rapprochées dans le ciel. La composition des couleurs révèle les populations stellaires contrastées parmi les membres du groupe : les régions plus bleues indiquent des étoiles plus jeunes et une formation d'étoiles active, tandis que les zones plus rouges correspondent à des populations stellaires plus anciennes. Les observations ont clairement résolu les queues de marée et les ponts de matière reliant les galaxies en interaction, caractéristiques qui sembleraient floues et ambiguës dans les images au sol. Des données spectroscopiques complémentaires ont confirmé les redshifts de chaque composant, établissant quels objets sont de véritables membres du groupe et lesquels sont des intrus au premier plan ou à l'arrière-plan.
Position dans l'univers
Constellation
Serpents
Distance depuis la Terre
190 millions d'années-lumière
Faits intéressants
- 1
Bien que son nom suggère six galaxies, le Sextet de Seyfert ne contient en réalité que quatre galaxies à la même distance : la petite spirale est une galaxie d'arrière-plan beaucoup plus éloignée et la tache diffuse est un panache de débris de marée arraché à l'un des membres du groupe.
- 2
Les quatre véritables membres du groupe ne sont séparés que par environ 100 000 années-lumière – à peu près le diamètre de notre propre Voie Lactée – ce qui en fait l'un des groupes de galaxies les plus compacts connus et garantit qu'ils finiront par fusionner.
- 3
Le Sextet de Seyfert a été catalogué pour la première fois par l'astronome Carl Seyfert en 1951, le même scientifique célèbre pour avoir identifié les galaxies de Seyfert, une classe de galaxies actives dotées de noyaux inhabituellement brillants alimentés par des trous noirs supermassifs.
Crédit image : NASA, ESA, télescope spatial Hubble



