
À propos de cette image
L'anneau bleu saisissant de la galaxie annulaire Lindsay-Shapley (AM 0644-741) est composé d'amas brillants de jeunes étoiles chaudes formés lors d'une collision cosmique. D'un diamètre d'environ 150 000 années-lumière, la structure annulaire est plus grande que l'ensemble de notre galaxie, la Voie lactée, ce qui en fait une structure cosmique véritablement massive. Cette galaxie annulaire rare s'est formée lorsqu'une galaxie plus petite a plongé au centre d'une galaxie spirale plus grande, créant des ondulations de gaz comprimé qui se sont propagées vers l'extérieur comme des vagues sur un étang. Lorsque ces vagues de gaz en expansion entraient en collision et se comprimaient, elles déclenchaient d’intenses explosions de formation d’étoiles, créant l’anneau bleu lumineux des pépinières stellaires que nous voyons aujourd’hui. La collision s'est produite il y a des centaines de millions d'années, mais l'anneau continue de s'étendre vers l'extérieur, marquant les contours fantomatiques de cette ancienne rencontre cosmique et fournissant aux astronomes des informations précieuses sur les collisions galactiques et leur rôle dans le déclenchement de la formation d'étoiles.
Importance scientifique
La galaxie annulaire de Lindsay-Shapley (AM 0644-741) est l'un des meilleurs exemples de galaxie annulaire collisionnelle et fournit des informations essentielles sur la physique des interactions galactiques. Lorsqu’une galaxie intruse compacte perce le disque d’une galaxie spirale plus grande près de son centre, elle crée une onde de densité en expansion – un peu comme si on laissait tomber une pierre dans un étang. Cette onde comprime le gaz interstellaire à mesure qu’elle se propage vers l’extérieur, déclenchant un anneau de formation d’étoiles en expansion radiale. L'anneau remarquablement symétrique et la structure bien définie de l'AM 0644-741 en font un cas de test idéal pour les simulations informatiques de collisions de galaxies. En comparant les propriétés observées de l'anneau (son diamètre, sa vitesse d'expansion et son taux de formation d'étoiles) avec des modèles théoriques, les astronomes peuvent limiter la masse de la galaxie intruse, l'angle d'impact et le temps écoulé depuis la collision. Ces observations révèlent également comment des perturbations gravitationnelles à grande échelle peuvent transformer l'activité de formation d'étoiles d'une galaxie en peu de temps, convertissant une spirale tranquille en un système d'étoiles.
Détails d'observation
Hubble a observé AM 0644-741 en utilisant la caméra avancée pour les enquêtes (ACS) dans des filtres optiques à large bande couvrant les longueurs d'onde bleues, vertes et proches de l'infrarouge. L’approche multifiltre a permis aux astronomes de retracer la répartition des jeunes amas d’étoiles bleues dans l’anneau et des étoiles rougeâtres plus âgées dans l’intérieur appauvri. La résolution de Hubble était essentielle pour séparer les complexes individuels de formation d'étoiles au sein de l'anneau, qui apparaissent comme des nœuds discrets de lumière bleue. L’imagerie alpha-hydrogène à bande étroite a été utilisée pour identifier les régions de formation d’étoiles actives en détectant la lueur rouge caractéristique de l’hydrogène gazeux ionisé entourant les étoiles massives nouveau-nées.
Position dans l'univers
Constellation
Volans
Distance depuis la Terre
300 millions d'années-lumière
Faits intéressants
- 1
L'anneau d'AM 0644-741 s'étend vers l'extérieur à environ 90 kilomètres par seconde, balayant le gaz comme un chasse-neige cosmique et laissant dans son sillage un intérieur relativement exempt d'étoiles.
- 2
Les galaxies annulaires font partie des types de galaxies les plus rares de l'univers : moins d'une galaxie sur dix mille présente cette morphologie, car elle nécessite une collision presque frontale juste au bon angle.
- 3
L'anneau bleu contient des milliards de masses solaires d'étoiles nouvellement formées, certaines nées il y a moins de 10 millions d'années, ce qui rend ces pépinières d'étoiles plus jeunes que de nombreuses espèces de dinosaures qui parcouraient autrefois la Terre.
Crédit image : NASA, ESA, télescope spatial Hubble



