
À propos de cette image
Cette image montre la pointe de la nébuleuse du Cône, un imposant pilier de gaz moléculaire froid et de poussière dans la région de formation d'étoiles NGC 2264 dans la constellation du Monocéros. Ce pilier conique s’étend sur sept années-lumière et ne constitue qu’une petite partie d’un complexe de formation d’étoiles beaucoup plus vaste. La forme du pilier est sculptée par le rayonnement ultraviolet intense et les puissants vents stellaires provenant d'étoiles chaudes et massives situées juste au-delà du haut de l'image. Ces forces énergétiques érodent lentement la surface de la nébuleuse, la faisant reculer à un rythme d'environ une demi-année-lumière tous les millions d'années. Le voile rougeâtre entourant le pilier est constitué d'hydrogène gazeux brillant chauffé par les étoiles proches, tandis que l'intérieur sombre reste suffisamment froid pour que de nouvelles étoiles se forment au sein de son noyau moléculaire dense.
Importance scientifique
La nébuleuse du Cône est l'un des exemples les plus frappants de région de photodissociation — la limite où le rayonnement ultraviolet des étoiles massives rencontre et érode un nuage moléculaire dense. L’étude de ces interfaces est cruciale pour comprendre comment la formation d’étoiles est à la fois déclenchée et interrompue par le rayonnement des étoiles massives proches, un processus connu sous le nom de rétroaction radiative. La survie du pilier face au rayonnement incessant de l'amas NGC 2264 dépend de sa densité et de sa masse ; les régions plus denses résistent plus longtemps à l’érosion, ce qui conduit à la forme conique caractéristique. Les observations infrarouges ont révélé des protoétoiles incrustées dans le pilier, suggérant que la compression du gaz à la surface du pilier pourrait en fait déclencher une nouvelle génération de formation d'étoiles alors même que la structure globale est en train d'être détruite. La Nébuleuse du Cône incarne ainsi la double nature de la rétroaction radiative – à la fois destructrice et créatrice.
Détails d'observation
Cette image a été capturée à l'aide de la caméra avancée pour les enquêtes (ACS) de Hubble avec une combinaison de filtres à bande étroite qui isolent la lumière des émissions d'hydrogène alpha et de soufre ionisé. Ces filtres révèlent la structure de la couche superficielle de gaz ionisé qui marque la limite entre l’extérieur chaud et irradié et l’intérieur froid et protégé du pilier. L'ACS a fourni un champ de vision suffisamment grand pour capturer la totalité de la pointe du cône en une seule exposition tout en conservant la résolution angulaire nécessaire pour résoudre les caractéristiques à petite échelle de la surface du pilier, notamment les petites saillies et les jets intégrés provenant de jeunes objets stellaires.
Position dans l'univers
Constellation
Monocéros
Distance depuis la Terre
2 500 années-lumière
Faits intéressants
- 1
Le pilier de la nébuleuse du Cône mesure environ sept années-lumière de long, soit environ 1,6 fois la distance entre le Soleil et son voisin stellaire le plus proche, Alpha Centauri, mais il ne représente qu'une infime fraction du vaste complexe de formation d'étoiles NGC 2264.
- 2
La nébuleuse du Cône a été observée pour la première fois par l'astronome William Herschel en 1785, mais il a fallu l'œil aiguisé de Hubble pour révéler la structure incroyablement détaillée de sa surface, y compris de minuscules feux follets et des jets provenant de protoétoiles intégrées.
- 3
Dans le noyau dense de la nébuleuse du Cône, les températures chutent à seulement 10 degrés au-dessus du zéro absolu, créant des conditions suffisamment froides pour que les molécules d'hydrogène se condensent et finissent par s'effondrer sous l'effet de la gravité pour former de nouvelles étoiles.
Crédit image : NASA, ESA, télescope spatial Hubble



